Si les Palmes académiques m’étaient contées…

Le 17 mars 1808 furent créées par l’empereur Napoléon 1er, par décret impérial « Les Palmes académiques ». Elles sont la plus ancienne distinction décernée à titre civil. Elles comportent trois niveaux de reconnaissance – les titulaires, les officiers de l’université, les officiers d’académie – « destinées à distinguer des fonctions éminentes et à récompenser des services rendus à l’enseignement par les fonctionnaires du corps chargé de l’enseignement et de l’éducation publique ». A chacun de ces titre correspond une décoration qui consiste en une « double palme brodée sur la partie gauche de la poitrine de l’uniforme noir et violet porté par ces fonctionnaires de l’Instruction publique », broderie en or pour les titulaires, en argent pour les officiers de l’université et en soie bleue et blanche pour les officiers d’académie.

Le 7 avril 1866, sur rapport du ministre de l’Instruction publique Victor Duruy, l’empereur Napoléon III instaure par décret la décoration moderne portative susceptible de convenir à un plus large éventail de titres et de mérites notamment à des instituteurs : un ruban de soie violet moiré portant suspendues deux palmes. « Le signe distinctif des officiers de l’Instruction publique est la double palme d’or et celui des officiers d’académie la double palme d’argent ».

Le 4 octobre 1955, par décret du président de la République, René Coty, Edgar Faure étant président du Conseil, est institué au ministère de l’Education nationale, l’Ordre des Palmes académiques avec 3 grades : chevalier, officier, commandeur. Cette décoration est destinée à récompenser « toutes les personnes qui ont été distinguées au sein de l’université et toutes celles ayant rendu des services signalés à l’Enseignement et aux Beaux-Arts ». Les Palmes académiques témoignent de la reconnaissance de la nation envers les enseignants et plus largement envers toute personnalité, française ou étrangère, ayant apporté une contribution exceptionnelle au rayonnement de la culture et de la langue française, mettant ainsi en lumière l’importance de leur rôle dans la cité. Avec la création de l’Ordre en 1955, le dessin de la nouvelle décoration a été confié à l’artiste Raymond Subes (1891-1970). A la dissymétrie des anciens insignes, Raymond Subes a substitué deux palmes symétriques épurées qui s’entrecroisent harmonieusement à la base et à la pointe et dont les feuilles sont émaillées ; palmes d’argent suspendues à un ruban moiré violet pour le grade de chevalier, palmes vermeil avec ruban moiré violet à rosette pour le grade d’officier, palmes d’or suspendues à une bélière émaillée en forme de couronne à feuille de lauriers accrochée à un collier de ruban moiré violet – la cravate – pour le grade suprême de commandeur.

Contrairement aux deux ordres nationaux – la Légion d’honneur et l’Ordre national du Mérite – qui sont remis au nom du Président de la République et donnent lieu à une remise solennelle, les Palmes académiques sont remises au nom du Ministre de l’Education nationale qui en assure la délivrance par décret, sans que le port de la décoration soit soumis à une remise officielle. Mais cette cérémonie est souhaitée et contribue à maintenir le prestige qui s’attache à cette décoration.

En 1963, lors de la suppression de plusieurs ordres ministériels et de la création par le général de Gaulle de l’Ordre national du Mérite, l’Ordre des Palmes académiques est l’un des quatre ordres ministériels – avec l’Ordre du Mérite agricole, l’Ordre du Mérite maritime et l’Ordre des Arts et des Lettres – à avoir été maintenu.

Afin d’éviter toute inflation, un chiffre annuel de nominations et de promotions est fixé et ne doit pas dépasser : 280 commandeurs, 3 785 officiers, 7 570 chevaliers.

Les Palmes académiques se sont ouvertes aux non-enseignants ; ainsi un grand nombre de personnalités de France et du monde entier s’est vu remettre cette prestigieuse décoration.

Commandeur

Officier

Chevalier

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